La violence dans les systèmes familiaux – enfance maltraitée

Un témoignage glaçant
Ça commence aujourd’hui : Maltraitée par son père, Christina a vécu l’enfer
https://www.youtube.com/watch?v=jHnrhN-tFvs&pp=ygUabWFsdHJhaXTDqWUgcGFyIHNvbiBww6hyZSA%3D
A l’heure où de nombreux pays du monde se font toujours la guerre, la question de la violence est de taille puisqu’elle est partout et nous impacte tous à différents niveaux.
Alors que l’éducation nationale et le système de santé s’effondrent, ce bouleversant témoignage nous montre le rôle essentiel que peuvent jouer les enseignants, infirmiers scolaires, médecins ou psychologues dans le repérage des situations d’urgence. Si la famille ne protège pas, la société doit pouvoir le faire.
« Les violences éducatives ordinaires (VEO) sont le premier pas vers la maltraitance »
« La violence s’apprend dès la petite enfance, on aime et on frappe ».
« 80 à 90 % des enfants ont subi des punitions corporelles, sans compter les violences psychologiques ou verbales »
Olivier Maurel Président de l’association OVEO (L’Observatoire de la Violence Educative Ordinaire) https://www.oveo.org/
« Quand on a rencontré la violence pendant l’enfance, c’est comme une langue maternelle qu’on nous a apprise ».
Marie-France Hirigoyen
- Quels sont les chiffres ?
- Qui sont les adultes maltraitants ?
- Comment fonctionne un système familial où la violence est fréquente ?
- Quelles conséquences sur les petites victimes, comment vont-elles se construire ?
- Quels adultes et quels types de parents peuvent-elles devenir ?
- Comment dépasser les traumatismes et transformer ces souffrances ?
1. Combien d’enfants subissent maltraitances et humiliations de toute sorte de la part de ceux qui sont censés les aimer et les protéger ?
Quelques chiffres récents
Source site ONPE (observatoire national de la protection de l’enfance)
Les violences physiques
2021 : 12% de femmes et 12,2% des hommes de 18 ans et + déclarent avoir subi des violences physiques avant l’âge de 15 ans de la part de l’un de leur parent ou les deux. (Enquête 2022)
2024 : 57 311 victimes mineures de violences physiques commises dans un cadre intrafamilial sont concernées par une plainte. (Enquête 2025)
2022 : 60 mineurs sont décédés de morts violentes au sein de leur famille.
Les violences psychologiques
2021 : 7,6% des femmes et 3,1% des hommes de 18 ans et + déclarent avoir subi de violences psychologiques avant l’âge de 15 ans dans le cadre intrafamilial.
Les violences conjugales
2021 : 14,9% des femmes et 9,8% des hommes de 18 ans et + déclarent avoir été témoin avant l’âge de 15 ans d’un climat de violences entre leurs parents. (Enquête 2022)
2024 : Au moins 21 880 enfants étaient concernés par les violences conjugales. (rapport 2025)
2024 : 94 mineurs orphelins à la suite de morts violentes au sein du couple.
Aucun chiffre sur les négligences
Les violences sexuelles
Source la CIIVISE (commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants)
2023 : 60 000 victimes chaque année. 5,4 millions de femmes et d’hommes en ont été victimes dans leur enfance.
2. L’enfant : un être vulnérable
Un enfant est par définition vulnérable, soumis et totalement dépendant de ses figures d’attachement. Les adultes maltraitants en profitent voire pire en jouissent. Ils laissent parfois exploser leur sentiment de toute-puissance et leur sentiment de domination est alors à son comble. En bons pervers et manipulateurs, ils portent parfois le masque de parents idéaux, irréprochables et dévoués et lorsque les portes sont fermées, ils se déchaînent. Les menaces, les intimidations, les coups, les rires moqueurs, la jubilation de voir le plus petit terrorisé, apeuré sont le quotidien de ces enfants sans défense. Très souvent l’enfant ignore que ce qu’il vit n’est pas normal, il a appris à culpabiliser pour tout et pense mériter les corrections qu’il reçoit. La pire angoisse du bébé ou de l’enfant est l’abandon et il fera tout pour l’éviter.
La théorie de l’attachement de John Bowlby et reprise par Mary Ainsworth démontre que l’attachement (la question du lien) est une réalité biologique, un besoin fondamental inné indispensable à la survie de l’espèce. Le tout petit a besoin de lien, de présence, de protection pour pouvoir survivre et pour se réguler émotionnellement. La représentation de soi et des autres va découler des interactions avec ses premières figures d’attachement. L’enfant observe le monde qui l’entoure et va en plus l’imiter en grandissant. L’imitation est centrale dans les phases d’apprentissage. Un enfant témoin ou victime de violence pourra donc avoir tendance à reproduire cette violence.
Dans la majeure partie des cas l’enfant aime d’un amour sans borne ses parents ou ses éducateurs parce que comme tout être humain, il a besoin de lien pour vivre, il a besoin de sentir qu’il existe, il a besoin de savoir qu’il fait partie d’un groupe, d’un clan. En effet la question identitaire et celle de l’appartenance sont tellement capitales qu’elles l’obligent à rester loyal coûte que coûte.
3. Le système familial : violence et insécurité au sein de la famille
La misopédie est le terme qui définit la haine et le rejet des enfants et le fait d’exercer sur eux une domination.
La violence peut être physique et/ou verbale et/ou psychologique et/ou sexuelle. Dans le pire des cas, elle est tout à la fois.
La violence peut s’exercer sur l’autre parent ou sur un seul enfant uniquement mais dans ce cas la famille entière sera terrorisée. Les maltraitances peuvent revêtir différentes formes (négligences de tous ordres, rationnement alimentaire, mise en danger, exposition à de la violence -maltraitance sur conjoints, sur les animaux de la famille, à des images inadaptées, éducation dans le cadre d’une secte).
Dans les familles dysfonctionnelles, lorsque la maltraitance est présente, les règles implicites sont simples : les abus d’autorité et la terreur deviennent la norme et la parole est muselée. L’emprise et la manipulation dictent les comportements. A l’extérieur, on joue à la famille heureuse, on sourit et on se tient droit sur les photos et dans le huis clos familial (la culture du secret est centrale) les masques tombent, les vrais visages se révèlent et le ton change radicalement. Des adultes pervers et immatures, dénués d’empathie peuvent considérer leurs victimes comme de simples objets dont on dispose à l’envi. Ils se défoulent sur elles et jouissent de la souffrance infligée, de la terreur et de la sidération qui se lisent sur les visages des victimes. Au sein du couple, les études montrent que les femmes sont les premières victimes. Dans de nombreux cas l’autre parent (plus souvent la femme) est sous emprise et est terrorisée par son conjoint violent et n’est pas en capacité de s’opposer ou de réagir. Ces femmes victimes incapables de protéger leurs enfants se sont souvent construites sur d’immenses fragilités. Enfin dans certains cas, le couple fait alliance et s’associe pour le pire autour de la perversion et va maltraiter les plus faibles d’un commun accord.
Les adultes maltraitants reproduisent-ils ce qu’ils ont subi ? Ont-ils eux aussi été écrasés, humiliés de la sorte ? Se venger sur plus faible qu’eux, leur permet-il de prendre leur revanche ? Les enfants désignés souffre-douleur rappellent-ils un personnage du système familial ? A quel moment la violence et la perversion sont-elles entrée en scène ?
La répétition est-elle inévitable ? Dans quels schémas sont enfermés les individus violents (homme ou femme) ?
Certains couples se retrouvent prisonniers et condamnés à rejouer ensemble des scénarios probablement déjà présents dans leurs famille d’origine comme l’a montré René Kaës (psychologue, psychanalyste et universitaire tout récemment décédé) dans ses travaux sur les alliances inconscientes et les pactes dénégatifs.
L’analyse du système familial sera pertinente pour trouver des réponses et pour tenter de faire cesser cette spirale infernale de violence.
Le transgénérationnel est lié aux non-dits, aux secrets, à tout ce qui est refoulé, non élaboré qui se transmet de générations en générations.
Evelyn Granjon (pédopsychiatre et psychanalyste de la famille) définit comme « intergénérationnels l’aspect sain des transmissions (l’individu est rattaché à un groupe dans un enchaînement des générations, il construit sa subjectivité par un processus de transformation, création du matériel transmis ; l’individu devient l’auteur et le propriétaire de son héritage). Les transmissions psychiques transgénérationnelles concernent les aspects traumatiques, pathologiques et symptomatiques d’un processus brut qui ne permet pas de transformations ».
4. L’enfant se sur adapte pour survivre
Les enfants victimes vivent souvent sans le savoir un chaos intérieur innommable. La terreur les sidère et ils se dissocient pour parvenir à survivre. Ils peuvent se réfugier dans la rêverie, les études, s’attacher à une autre famille (si les sorties sont autorisées) et se créent ainsi une autre vie plus idéale. Comme tout individu traumatisé, les victimes se coupent d’une partie d’elles-mêmes et mettent un couvercle sur ce qui est insupportable à ressentir. L’enfant se sent coupable en permanence mais il n’en a même plus conscience, il finit par s’habituer aux coups, par se convaincre qu’il les mérite. L’impuissance apprise (résignation) et la dissonance cognitive (confusion, repères brouillés) s’installent, les systèmes de valeur s’inversent. La personnalité des enfants victimes s’organise à partir de ces dysfonctionnements majeurs.
Le témoignage dans la vidéo nous montre à quel point les aînés se sacrifient parfois et tentent tout pour sauver leurs petits frères ou sœurs. Ces aînés portent déjà une charge bien trop lourde sur leurs frêles épaules et sont doublement victimes. Ils grandissent bien trop vite. L’impuissance, la culpabilité, l’inquiétude et la peur pourront les abîmer durablement.
5. Des conséquences sur la personnalité et sur l’adulte en devenir
Les victimes pourront devenir des adultes clivés, habités par des parts refoulées, totalement inconscientes mais particulièrement à l’œuvre dans leur structure psychique. Elles pourront devenir violentes à leur tour ou resteront fragiles, soumises, en grande dépendance affective et pour toutes ces raisons elles seront de potentielles victimes d’abus en tout genre. Confrontées à l’anxiété et à d’immenses angoisses, elles pourront fuir toute relation, fuir perpétuellement de manière générale ou s’épuiser dans un rôle de sauveur en cherchant à aider l’autre en permanence pour exister, gagner son amour et enfin un peu de reconnaissance. Tout au long de la vie, les relations ultérieures seront teintées de ces premières empreintes. Les victimes développent souvent un système d’attachement très insécure de type évitant, anxieux ou désorganisé lorsqu’elles ont beaucoup souffert à l’endroit du lien. La dépression à l’âge adulte sera relativement inévitable. Elle pourra se manifester sous différentes formes dont des somatisations physiques ou des addictions en tout genre. Pour s’en défendre, la victime pourra sinon devenir violente à son tour et se venger sur plus faible qu’elle et reprendre ainsi du pouvoir.
Les anciennes victimes pourront défier l’autorité à l’adolescence, repousser sans cesse les limites, et devenues adultes, elles pourront rester très en réaction face à l’autorité, à l’injustice. Elles pourront se montrer rebelles, anticonformistes, avoir des comportements passifs-agressifs car bien souvent un faux-self se sera mis très tôt en place.
Combien d’années leur faudra-t-il pour retrouver ces parts gelées en elles, pour retrouver le petit enfant intérieur tétanisé et terrorisé toujours en attente d’aide ? Combien d’année leur faudra- t-il pour pouvoir regarder en face leur vulnérabilité, pour accéder à la colère et à la rage coincées quelque part en elles ? Combien d’année leur faudra -t-il pour affronter l’injustice de la violence gratuite subie ? Combien de pourquoi resteront sans réponse avant de commencer à comprendre leur histoire ? Parviendront-elles à faire confiance, à former un couple ? Souhaiteront-elles devenir parents ? En seront-elles capables ? Comment vivront-elles la parentalité ? Comment vivront-elles les conflits ? Deviendront-elles des parents collants, étouffants, hyper protecteurs ? Deviendront-elles à leur tour autoritaires, violents ? Comment vivront-elles la remontée des souvenirs au contact du miroir que leur renverront leurs enfants aux différents âges de l’enfance et de l’adolescence ?
Il est utile de préciser que dans certaines familles, les violences sont physiques et dans d’autres, elles sont sexuelles et dans le pire des cas les deux à la fois. Les mécanismes à l’œuvre sont quasiment les mêmes, on retrouve la relation d’emprise, l’injonction au silence, les injonctions paradoxales qui entrainent la confusion (amour/agressions en alternance), autorité qui abuse (grave inversion des valeurs) et dans les deux cas le corps est agressé, son intégrité n’est pas respectée. Une différence est à noter, dans les cas d’inceste, il y a en plus une confusion des positions et un dés-ordre générationnel qui fait imploser les victimes. Dans tous les cas la perversion et la trahison broient les victimes.
De nombreux spécialistes affirment que la violence engendre la violence.
Pour éviter qu’elle ne se répète inlassablement et qu’elle ne devienne une fatalité, Il faut la repérer, la nommer, en trouver l’origine et comprendre ce qu’elle tente d’exprimer et enfin prendre conscience de ses conséquences désastreuses sur le développement individuel et sur la société toute entière. Victimes et bourreaux doivent être accompagnés.
Quand la maltraitance ne dit pas son nom
Dans certaines familles, il peut être extrêmement difficile d’admettre la maltraitance voire d’oser penser ce mot. Et pourtant !
Un enfant peut vivre dans un bel environnement, disposer d’une chambre remplie de jeux en tout genre et subir de la maltraitance au quotidien. Sur le plan matériel, il ne manque de rien et sur le plan affectif, il est totalement livré à lui-même et nage en pleine confusion. Cet enfant apprend à s’adapter, à se contorsionner, il accepte parfois les coups, les insultes ou les humiliations qui sont banalisés, niés ou pire normalisés. Et c’est bien là tout le problème.
Que peut-il bien se passer dans la tête d’un enfant frappé et/ou quotidiennement rabaissé par un parent ou par un aîné au vu et au su d’autres, qui par lâcheté ferment les yeux ou minimisent ? Si ceux qui sont censés l’aimer et le protéger ne le font pas, alors qui le fera ? Cet enfant intègre qu’il n’est rien, ne vaut rien et que sa souffrance ne compte pas. Dans le meilleur des cas il est ignoré et dans le pire des cas, il est frappé, humilié mais il est dans tous les cas gravement maltraité.
Entre délaissement et négation, sa souffrance ne sera jamais reconnue, jamais dite, jamais dénoncée et la famille évolue et se construit à partir de ces distorsions. La famille n’est pas critiquée, pas remise en cause, son honneur est sauf et la pièce de théâtre peut ainsi durer des décennies. Le huis clos familial enferme chacun dans des positionnements intenables sur le long terme.
Ces familles dysfonctionnelles abîment les enfants en saccageant leur estime d’eux-mêmes. Dans certains cas, ils ne connaissent pas la violence physique mais ils se construisent sur le postulat qu’ils ne comptent pas, ne valent rien. Ils apprennent l’impuissance, la résignation, l’habituation. Ils intègrent l’injustice et le non-sens. Tous les ingrédients réunis pour plonger le futur adulte dans une souffrance importante aux lourdes conséquences (dépressions, somatisations, mélancolie, suicides, abus, agressions répétées).
L’enfant parentifié subit lui aussi une forme de maltraitance en étant précocement privé de l’insouciance qui caractérise l’enfance. La configuration familiale et l’immaturité affective des parents souvent dépassés obligent l’enfant à se positionner à une place qui ne devrait pas être la sienne. Il y a dans ce type de familles confusion des places et des rôles. Ces situations entraînent du chaos et alimentent les cycles de violence.
Une fois devenu parent à son tour, sera-t-il en capacité de protéger ses enfants, sera-t-il en capacité de poser des limites, de se faire respecter ?
Le trauma de négligence de Ruth Cohn
Éditions Quantum Way – Parution le 24 juin 2026
« Un livre essentiel pour reconnaître la violence de l’absence et remettre de la présence là où elle a manqué ».
« Le trauma de la négligence ne se définit pas par ce qui est arrivé, mais par ce qui n’a pas eu lieu : un regard, une réponse émotionnelle, une protection, une présence suffisamment fiable pour permettre à l’enfant de se sentir vu, reconnu et soutenu. Cette absence répétée entrave la construction du sentiment d’exister, la capacité à ressentir, à entrer en relation et à recevoir ».
6. Comment guérir de telles blessures ?
Un travail thérapeutique sera véritablement nécessaire pour réparer l’individu à l’endroit du lien, pour éviter de perpétuer la violence ou pour ne pas rester une éternelle victime. La personne devra reprendre son pouvoir, traverser ses pires angoisses, ses pires terreurs pour accéder aux parts toujours enfermées dans le trauma. On parlera ici de traumas complexes dans la mesure où les violences se sont installées dans le temps et parce que les bourreaux étaient des proches censés protéger et aimer. C’est à cet endroit que la confusion intervient et que les valeurs s’inversent totalement.

Le travail thérapeutique consistera d’abord à tisser dans la durée un lien de confiance avec le thérapeute. L’ancien enfant maltraité devra se sentir suffisamment en sécurité et correctement accompagné pour avancer.
Les transmissions transgénérationnelles seront à étudier car les vécus traumatiques, les vécus d’injustices refoulés viendront violemment rappeler leurs présences dans le système familial. Un ou des descendants pourraient se montrer violents sans en comprendre les motifs. La mise en mots, la mise en lumière d’un passé traumatique permettront de dégager les descendants de situations enfermantes et éviteront d’avoir à répéter la violence ou de rester des êtres révoltés.
La réalisation d’un génosociogramme (représentation graphique de sa généalogie sur au moins 4 générations) et l’utilisation de différents outils systémiques aideront à comprendre les enjeux inconscients à l’œuvre.
La méthode des constellations familiales pourra s’avérer pertinente pour compléter le travail d’investigation.

Dans les situations de maltraitances, l’estime de soi, la confiance en l’autre ont été très abîmées, les humiliations, le rejet ont nourri un vif sentiment de honte qui va constituer une émotion parasite, qui va venir s’installer durablement et structurer la personnalité. Repérer la honte, la colère, le chagrin, la peur, les nommer, les regarder sera un préalable dans le travail d’accompagnement. Une bonne alliance thérapeutique sera indispensable pour réparer les dégâts internes et pour parvenir à accéder à son véritable MOI. Accompagner une victime très traumatisée exige patience et bienveillance. Si le thérapeute parvient à offrir un espace de confiance et de sécurité, la personne pourra peu à peu se dégager du traumatisme, elle pourra alors accéder à elle-même puis à tout son potentiel, à toutes ses ressources internes. Elle aura accès au noyau dur de sa personne, à ce diamant brut qu’aucune maltraitance n’a pu altérer. La véritable personnalité n’attend qu’une main tendue pour pouvoir enfin oser se révéler.
La TIA thérapie intégrée d’attachement sera particulièrement adaptée.
Hassan Rahioui (Psychiatre St-Anne, Paris)

Des pratiques corporelles, sportives et des échanges dans le cadre de groupes de paroles seront tout à fait bénéfiques.
Tous les travaux de Boris Cyrulnik sur les traumatismes et le concept de résilience montrent qu’il existe un chemin pour s’en sortir. La clé passe par les liens, les échanges qui permettent d’enclencher le processus de résilience. Il convient de préciser les 3 freins majeurs au processus de résilience identifiés par Boris Cyrulnik que sont la honte, le non-sens et l’isolement. Ainsi la mise en relation, la mise en évidence de ressentis honteux et la recherche de sens sont des préalables à toute tentative de guérison.

Pour changer les choses, il faut accompagner les familles, aider les adultes violents à identifier l’origine de la violence, œuvrer pour protéger et préserver les enfants, et leur permettre de vivre leur enfance en toute sécurité.
A lire sur le sujet
C’est pour ton bien, Alice Miller
La haine de l’enfant, Jean-Luc Viaux
Eduquer sans violence, Marine Manard
Tes droits et tes besoins comptent, Edouard Durand et Mai Lan Chapiron
Le décodeur des VEO (violences éducatives ordinaires), Céline Quelen
Pardon, Eve Ensler
Cairn Le Divan familial 2007/1 N°18, Violence familiale, transgénérationnel et pacte dénégatif, Maria Lucia de Souza Campos et Isabel Cristina Gomez
Cairn Le Divan familial 2025/1 N°54, La famille est le théâtre où se joue parfois une grande violence de Evelyn Granjon
Informations complémentaires
La loi n°89-487 du 10 juillet 1989 relative à la prévention des mauvais traitements à l’égard des mineurs et à la protection de l’enfance précise notamment que les missions de recueil et de traitement des informations relatives aux mineurs maltraités incombent au conseil général.
Un service gratuit d’appel téléphonique est créé au niveau national (SNATEM, aujourd’hui SNATED) afin de participer à la prévention des mauvais traitements et à la protection des mineurs.
Téléphone : 119 (24h/24 et 7j/7)
CIDE convention internationale des droits de l’enfant adoptée le 20/11/1989 aux Nations Unies. Elle repose sur 4 principes fondamentaux (la non-discrimination, l’intérêt supérieur de l’enfant, sa survie et son développement et sa participation).
https://www.unicef.fr/sites/default/files/userfiles/Sequence%201_1-FicheEnseignant-College.pdf (Histoire et principes fondamentaux de la CIDE et exercices à proposer aux collégiens)
Association la voix de l’enfant
Association L’Observatoire de la Violence Educative Ordinaire (OVEO)
ONPE L’Observatoire national de la protection de l’enfance a été créé en 2004 avec pour objectif de développer et diffuser les connaissances afin d’améliorer la prévention et mieux protéger les enfants.

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